L’ Afrique du Sud célèbre son 30 ème anniversaire de l’abolition de l’apartheid . Le système d’apartheid, ou « séparation » en afrikaans, institué par le Parti national (PN), a systématisé entre 1948 et 1994 la ségrégation raciale pratiquée depuis le XVIIe siècle par les premiers colons néerlandais. Les habitants étaient classés dès leur naissance en quatre catégories : Blancs, Noirs, Métis ou Indiens.
La domination de la minorité blanche qui a privé la communauté noire du pays de ce droit fondamental a généré des résistances. Le Congrès national africain (ANC), dirigé par Nelson Mandela, adopte d’abord des méthodes non violentes, prônant grèves, boycotts et campagnes de désobéissance civile, toutefois largement réprimés.
Suite à des manifestations qui font 69 personnes noires mortes à Sharpeville en 1960 , L’ANC et le Parti communiste sont interdits et l’état d’urgence instauré.
En 1964, Nelson Mandela, dit « Madiba », est condamné à la prison à vie pour « sabotage », mais les manifestations se poursuivent dans le pays .
Parallèlement, des sanctions internationales contre l’Afrique du Sud s’accumulaient : exclusion des Jeux olympiques, expulsion des organes de l’ONU, embargo sur les armes, boycott international, outre des activités de stars engagés aussi contre le régime « raciste ».
En 1980, Peter Gabriel écrit la chanson « Biko », en mémoire de Steve Biko, martyr de la lutte anti-apartheid, et un concert monstre avait notamment été organisé en hommage au « Madiba » pour ses 70 ans (Nelson Mandela 70th Birthday Tribute), le 11 juin 1988, au stade de Wembley, à Londres, pour réclamer la libération du leader noir emprisonné alors depuis 24 ans
Egalement appelé « Free Nelson Mandela et Mandela Day », ce méga concert de musique pop rock, qui va durer 11 heures, sera rediffusé dans 67 pays, et réunira une audience de 600 millions de personnes avait été interdit en Afrique du Sud.
Ainsi, ce concert a contribué à créer la figure emblématique d’un Mandela révéré dans le monde entier, et a forcé le régime sud-africain à le libérer plus tôt que prévu
En février 1990, le président Frederik de Klerk, au pouvoir depuis cinq mois, a légalisé l’opposition noire, et Nelson Mandela, est libéré le 11 février, après 27 ans de prison. Un an et demi plus tard, soit le 30 juin 1991, le système de ségrégation raciale est officiellement aboli, et de premières élections libres sont tenues en avril 1994 en dépit des tentatives de freinage de la transition démocratique, par des réfractaires au changement au sein des services de sécurité blancs, et d’une rivalité sanglante entre des militants de l’ANC et du Parti zoulou Inkhata (IFP), outre la pression d’extrémistes blancs (notamment le Mouvement de la résistance afrikaner – AWB) et noirs (les africanistes de l’Armée de libération du peuple azanien – APLA) qui organisent des attentats.
Pour beaucoup de ceux qui ont connu l’ apartheid , les souffrances de ces années laissent des séquelles dans la mémoire collective. Lily Makhanya se rappelle parfaitement de cette époque douloureuse.
« Je ne peux pas oublier à quel point nous avons souffert aux mains des Blancs. Dans la ville, la nuit, il y avait des motards blancs qui agressaient brutalement une personne noire s’ils la voyaient marcher sur un trottoir. Ces garçons blancs étaient cruels« , déclare-t-elle.
Enfin ,l’Afrique du Sud connaît ses premières élections multiraciales le 27 avril 1994, tournant la page de l’apartheid. « Libres enfin », s’exclame Nelson Mandela, élu premier président noir du pays, avec son rêve de la « nation arc-en-ciel ».
Les Sud-africains se rendront aux urnes le 29 mai prochain pour les élections générales permettant de choisir un nouveau parlement , qui élira ensuite un nouveau président. Ce scrutin sera la septième élection pleinement démocratique du pays.


